Entretien-professionnel

Réforme des entretiens de parcours professionnel

Social - Entreprises, Professions libérales

Depuis le 26 octobre 2025, le cadre de « l’entretien professionnel » périodique a changé. Quelles sont les évolutions majeures auxquelles les entreprises de moins de 300 salariés, doivent désormais se conformer ?

La loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025 est venue réformer en profondeur l’entretien professionnel. Une nouvelle appellation a été adoptée : l’entretien de parcours professionnel [1].

Nouvelle périodicité des entretiens de parcours professionnels

Contenu de l’entretien de parcours professionnels

1. Contenu commun à tous les entretiens de parcours professionnels

L’entretien de parcours professionnel est consacré :

  • aux compétences du salarié et aux qualifications mobilisées dans son emploi actuel ainsi que leur évolution possible au regard des transformations de l’entreprise ;
  • à sa situation et à son parcours professionnel, au regard des évolutions des métiers et des perspectives d’emploi dans l’entreprise ;
  • à ses besoins de formation, qu’ils soient liés à son activité professionnelle actuelle, à l’évolution de son emploi au regard des transformations de l’entreprise ou à un projet personnel ;
  • à ses souhaits d’évolution professionnelle. L’entretien peut ouvrir la voie à une reconversion interne ou externe, à un projet de transition professionnelle, à un bilan de compétences ou à une validation des acquis de l’expérience (VAE) ;
  • à l’activation par le salarié de son compte personnel de formation (CPF), aux abondements de ce compte que l’employeur est susceptible de financer et au conseil en évolution professionnelle,
  • s’il y a lieu aux mesures d’aménagement et d’adaptation formulées par le médecin du travail lors des différentes visites médicales.

2. Contenu supplémentaire propre à certains entretiens

a. Entretiens liés au retour d’un congé parental total ou partiel

L’entretien doit servir à organiser le retour à l’emploi du salarié. Cet entretien vise également :

  • à déterminer les besoins de formation du salarié,
  • à examiner les conséquences éventuelles du congé sur sa rémunération,
  • l’évolution de sa carrière.
b. Entretiens de bilan tous les 8 ans

Lors de l’entretien, il doit être vérifié que le salarié a :

  • suivi au moins une action de formation (autre que celle conditionnant l’exercice d’une activité ou d’une fonction) ;
  • acquis des éléments de certification, par la formation ou par une validation des acquis de son expérience (VAE) ;
  • bénéficié d’une progression salariale ou professionnelle.
c. Entretien de mi-carrière

L’employeur doit aborder :

  • s’il y a lieu, les mesures proposées par le médecin du travail lors de la visite médicale de mi-carrière,
  • l’adaptation ou l’aménagement des missions et du poste de travail,
  • la prévention des situations d’usure professionnelle,
  • les besoins en formation,
  • les éventuels souhaits de mobilité ou de reconversion professionnelle du salarié.
d. Entretien de fin de carrière précédant les 60 ans

L’employeur doit aborder :

  • les conditions de maintien dans l’emploi,
  • les possibilités d’aménagements de fin de carrière, notamment les possibilités de passage à temps partiel ou de retraite progressive.

Formalisme de l’entretien de parcours professionnel

Tous les entretiens doivent donner lieu à la rédaction d’un écrit dont une copie doit être remise au salarié. L’entretien doit être réalisé soit par un supérieur hiérarchique, soit par l’employeur et il doit avoir lieu pendant le temps de travail.

Information du salarié sur la possibilité de se faire assister dans la préparation de ses entretiens de parcours professionnel

L’employeur doit informer le salarié qu’il peut se faire assister par un conseil en évolution professionnelle pour préparer l’entretien de parcours professionnel. Ce conseil n’assiste pas à l’entretien. Cette assistance est gratuite.

Trouver son conseil en évolution professionnelle : https://mon-cep.org/

Des adaptations possibles par accord collectif

Un accord collectif d’entreprise ou, à défaut, de branche peut prévoir des aménagements avec l’interdiction de prévoir un entretien de parcours professionnel au-delà de 4 ans.

Les sanctions applicables

Dans les entreprises d’au moins 50 salariés, si le salarié, au cours des 8 ans précédant l’entretien de bilan, n’a pas bénéficié des entretiens obligatoires et d’au moins une formation (autre que celle conditionnant l’exercice d’une activité ou d’une fonction), l’employeur doit lui accorder un abondement correctif de 3 000 € du compte personnel de formation (CPF) qui n’entre pas en compte dans le calcul du crédit annuel et du plafond du CPF.

Par ailleurs quelque soit la taille de l’entreprise, dans le cadre d’un contentieux, le salarié pourra toujours demander des dommages&intérêts pour n’avoir bénéficier d’une part d’aucun entretien de parcours professionnel et d’autre part, d’aucune formation (autre que celle conditionnant l’exercice d’une activité ou d’une fonction).


Pour plus de renseignements,
contactez Marie GIRAUD, Juriste Droit Social
au 02 41 05 30 90 · servicedroitdutravail@asartis.com


[1] Pour rappel, ces entretiens ne sont pas des entretiens d’évaluation professionnelle.

Asartis vous accompagne dans la gestion sociale de votre entreprise.

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